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eths : La violence sur un fond de mélancolie 29/10/2005

Eths nous vient de Marseille, ville plus connue pour ses penchants Hip-Hop que métal ; et là c'est bien de métal que l'on parle ; eths évolue entre néo métal et hardcore, n'hésitant pas des mélanges chimériques qui raviront nos oreilles. Méticuleux tant dans la musique que dans le visuel de ses CD le groupe n'est pas exempt d'éloges sur scène où le groupe ne laisse en général pas grand monde indifférent. En effet, au chant Candice subjugue les mâles pogoteurs dés ses premiers hurlements et saigne la fosse à blanc sous une pluie métal hardcore battante.
Le groupe après 2 démo on veut toujours plus et c'est avec un nouveau 6 titres Samantha (et même un peu plus) que le groupe revient en 2002, le son se bonifie, le groupe trouve des marques de plus en plus personnel, le visuel se colorise ; Eths s'apprête à envahir vos oreilles, ça va faire mal.


:: Site Officiel :: eths.free.fr/

Je n'avais jamais écouté Eths avant ce 6 titres (rien que d'y penser j'en suis toute honteuse) et il ne m'a pas fallu longtemps avant de ressentir la sensation d'être passée à côté de quelque chose de puissant et monstrueux ... à croire que j'étais sourde.
L'intro est à l'image de l'artwork : sombre, glauque, dérangeante ...les qualificatifs ne manquent pas. Hurlement, bruits de pas, son de gratte étouffé ; ces premières seconde nous mettent dans l'ambiance ... mais rien ne peut nous préparer à Samantha. Riffs accrocheurs en guise d'ouverture soutenus par une basse slappée, une batterie omniprésente le tout servi par le chant hargneux (c'est un euphémisme) de Candice ; à la première écoute on cataloguerait bien le groupe dans le style néo-métal bien ficelé. Mais ce jugement se révèle rapidement trop hâtif ; Eths est bien plus qu'un simple groupe de néo. Certaines compos recèlent de passages d'une lourdeur impressionnante, aux frontières du HxC (Des cendres, Le projet humain) ou une rythmique saccadée et un chant poussé hors des limites vocales se partagent le vedette. A ceci ajouté des textes dans un registre morbide sensuel à tendance mystique limite satanique et on obtient une musique qui sort de l'ordinaire et qui ne plait pas forcément à tout le monde ... hélas.
Encore est un morceau plus conventionnel, plus classique mais la présence de K-Lee de Tripod et l'ajout de scraths donnent au titre une autre dimension. Le duo vocal entraîne Eths vers les rivages de la fusion rap-métal sans pourtant tomber dans les clichés du genre et en conservant l'identité si particulière du groupe.
Cependant, Eths n'est pas que violence (musicale et orale) mais aussi douceur " relative " et beauté (refrain de Volée). Animadversion est l'incarnation parfaite de ce côté du groupe. Aux riffs bien sentis viennent se greffer violons et violoncelles pour une descente dans les entrailles de l'émotion. Le chant se fait plus posé, moins agressif mais tout aussi troublant.
Au delà des 6 tueries que réservent SAMANTHA se cache une plage cd-rom ou l'on peut, encore une fois, au travers du clip de Samantha, d'une vidéo " live " et des textes, constater du talent de ce groupe hors-pair.
Ce maxi ne se contente pas de remettre le couvert après le 7 titres AUTOPSIE, c'est une vraie boucherie! Eths, par l'intermédiaire de leur musique, nous entraîne loin, plus loin que la grande majorité des groupes ...

:: Discographie ::

Soma
- 2004

Samantha
- 2002

Autopsie
- 2000

Extrait à écouter ici : Encore

flowing tears 28/10/2005

La
réputation de Flowing Tears ne semblait plus à faire.
Généralement réduite à celle d'un futur très bon groupe
gothique, l'image d'un futur réservé gouvernait un
peu strictement le potentiel supposé du sextet.
Aujourd'hui, Flowing Tears a réduit le line-up mais
élargi le champ des possibilités. C'est un quatuor
aguerri qui accouche de " Serpentine ". Nous sommes arrivés à
une période charnière de l'histoire du groupe, et le
parti pris est clair : ne point s'engoncer dans les
promesses, choisir une certaine forme de liberté. Et la
surprise que réserve " Serpentine " est de taille. Au nom de
quoi le groupe aurait-il dû d'emblée renoncer à ses
sombres oripeaux ? Mais au nom de quoi aurait-il dû, à ce même
prix, fermer les yeux sur les mesures du possible ? Ainsi,
oui, la musique de Flowing Tears garde de sérieux arguments "
gothiques " (les guitares envahissent " Serpentine ", " The
carnage people ", " Justine ", obsédantes et magnifiques).
Oui, encore, Stefanie Duchêne et ses vocaux entre Siouxsie et
Autumn (" The marching sane "), imprime-t-elle de son timbre
vocal une personnalité et un charme de plus en plus troublants
aux coulées de guitares acoustiques et saturées qui tissent de
nouvelles toiles de noirceur. Mais Flowing Tears prend ici son
envol : les mélodies sont d'une belle originalité ("
Children of the Sun "), les rythmiques implacables (" Breach
"). La production, soignée, met en exergue certaines voluptés
inédites : l'électronique avance ses pions sans que,
réellement, l'essence Metal de la musique ne
s'évapore. Mais l'accalmie présente ses vertus ("
Portsall ", acoustique dénudée) et la rythmique ralentit pour
des ambiances plus sourdes (" Merlin ", enchantement
ténébreux). " For tonight ", final feutré, laisse les guitares
s'imposer et fermer une boucle nouvelle. Flowing Tears a
mûri, et personne ne s'y trompera : l'arbre a
moins de branches, mais de ses feuilles bruissent de nouveaux
chuchotements face aux vents, impétueux. Le naturel ne revient
pas toujours au galop. Douze coups, échec et mat.

the gathering 28/10/2005

Même si nous avons pu patienter avec l'excellent Ep Black light district, on peut dire que l'attente fut longue depuis If then else, dernier album en date de ce fabuleux combo hollandais qu'est The Gathering.

Dès l'écoute de These good people, on comprend que l'on a devant nous un album ultra personnel et qu'il va falloir de nombreuses écoutes avant de baigner totalement dans l'atmosphère si particulière de Souvenirs.

Explications : depuis ses débuts, The Gathering n'a cessé d'évoluer, allant toujours plus loin dans les expérimentations pour arriver à des chefs d'oeuvre comme How to measure a planet en 1998.

The Gathering aime Archive, Radiohead ainsi qu'un nombre hallucinant de combos privilégiant la recherche sonore, voilà pourquoi le groupe d'Anneke Van Giersbergen a décidé de s'enfermer de longs mois en studio avec le producteur Zlaya Hadzich (Sonic Youth) sans aucune pression de maison de disques afin d'aller au bout de leur désir d'expérimenter.

Les compositions ainsi que les arrangements ont été retravaillés à maintes reprises pour arriver à un résultat tout simplement fabuleux !!! Les éléments électroniques se marient à merveille avec les sons organiques, le tout enveloppé par le chant toujours aussi sublime d'Anneke.

Savant mélange de trip hop et de rock, Souvenirs regorge de titres incontournables comme l'ultra planant These good people, le sombre Even the spirits are afraid ou encore le très rock Monsters.

On ne saura trop vous conseiller de poser une oreille sur l'oeuvre complète de ce groupe unique, les adeptes de bonne musique ne pourront que s'incliner devant le talent de The Gathering.

Morceau à écouter ici

lacuna coil 28/10/2005

Lacuna Coil est un groupe de heavy metal gothique italien créé à Milan, en Italie, en 1996. Ils furent d\'abord connus sous le nom de Sleep of Right puis d\'Ethereal.

Leur musique s\'inspire du mouvement gothique, utilisant des lignes de guitare mélodieuses, alternant chant lourd et clair, avec une légère influence pop. D\'après eux, le groupe est influencé par d\'autres tels que Paradise Lost, Tiamat, Septic Flesh ou encore Type O Negative.

Le groupe fut formé en 1996 sous le nom de Sleep of Right, un nom qu\'ils changèrent vite pour Ethereal, avant de signer pour Century Media à la fin de l\'année 1997. Après s\'être aperçus que le nom Ethereal était déjà utilisé, ils adoptèrent celui de Lacuna Coil (\"spirale vide\").

Le groupe, alors formé de deux chanteurs (Cristina Scabbia et Andrea Ferro) ainsi que du bassiste Marco Coti Zelati enregistra un album éponyme, paru en 1998 et soutenu par une tournée en Europe. La formation était accompagnée pour cette tournée du guitariste Cristiano Migliore et du batteur Cristiano Mozzati.

Après une seconde tournée européenne, le groupe enregistra un nouvel album, In a Reverie, et s\'enrichit d\'un second guitariste, Marco Biazzi. Le groupe assura la promotion de l\'album grâce à une nouvelle tournée européenne au cours de laquelle il partageait la vedette avec le groupe de folk metal britannique Skyclad.

En 2002, le groupe sortit Comalies, un album qui reçut des acclamations et des critiques élogieuses de l\'ensemble du monde du métal. Un an plus tard, le premier single tiré de cet album, Heavens a Lie, commença à recevoir l\'attention des radios et des médias pour porter le groupe au premier plan de la scène musicale.

Morceau à écouter ici : When A Deadman Walks

leave's eyes : Melodies et légèreté 28/10/2005

Tournant autour de la personnalité de Liv Kristine, Leave's Eyes lui doit plus que la consonnance de son nom, une voix aérienne, et une personnalité. Liv Kristine est née en 1976 en Norvège, le pays de Peer Gynt, des trolls et autres créaturesde la mythologie nordique, et collabore avec Theater of Tragedy pendant presque 10 ans, avant la séparation du groupe en 2003. Leave's Eyes comprend des membres de Atrocity, dont Alexander Krull, le mari de Liv Kristine, et sort rapidement un maxi Into you light suivi de son premier album Lovelorn en 2004, viens l'année suivante le féérique Vinland Saga.


Le métal atmoshpèrique de Leave's Eyes, que l'on pourrait par extention qualifié de gothique-rock-symphonique [qui n'est plus une étiquette, mais un train de marchandises], prend son inspiration sur Vinland Saga dans le légendaire voyage de Leiv Eiriksson au Groënland en l'an 1000. Inspiration musicale norvégienne, et une grande part de folklore norvégien (notamment dans les mélodies cristallines). De l'ensemble, qui démarre comme un drakkar partant en haute mer avec l'éponyme "Vinland Saga", découle un flot de métal symphonique, à l'ancrage folklorique, "Amhràn" en étant l'illustration parfaite, avec sa langue liquide et imaginaire, qui s'approche plus de Within Temptation, d'Aquilon que d'Euthanasia, avec des morceaux hauts en couleurs comme "New found land", très scandinaves, violons toutes voiles dehors, et un chant accompagné de choeurs que l'on croirait issu de rangs de rameurs.
C'est un rock très épuré que l'on retrouve sur "Mourning tree" par exemple, une guitare électro-acoustique avec cette attaque élastique des notes qui donne un coup de pouce à la mélodie, des ambiances sonores que l'on retrouve également sur "Leave's Eyes" avec cette approche très mellow des harmonies.
On retrouve sur cet album des morceaux beaucoup plus typés gothique-métal, notamment "Solemn sea" avec sa deuxième voix grave qui donne une énergie trépidante, sur le grandiose "The thorn" ou le puissant "Farewell proud men", qui rappellent tout deux étrangement Therion, avec cette aspect orchestral, ces choeurs et ses arrangements de cordes.
On notera tout particulièrement le derier morceau de l'album "Ankomst", vibrant, puissant, mettant à profit tous les atouts de Leave's Eyes, une guitare à la mélodie bien pensée, des arrangements de cordes discrets mais efficace et une voix qui surmonte le tout avec une régularité toute germanique, mais avec surtout une légèreté sublime.