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Xandria : Ils ont d'abord tués le soleil, leur métal les emmène maintenant en Inde. 28/10/2005

Xandria commence son histoire de manière tranquille et diffuse quelques titres sur le site bien connu Mp3.com, où séparer le grain de l'ivraie relève parfois du challenge. Là, Xandria y découvre son premier public international. Inspiré par Tiamat ou Paradise Lost, le Xandria de l'époque Kill the sun (2003) reste un métal tendance gothique, avec un violoncelle sur quelques titres ("So you disappear") et des instruments classiques sur d'autres. Sans aller jusqu'à l'incorporaison omniprésente de ces instruments comme In Extremo ou Therion, Xandria commence à rajouter des orchestrations grandissantes au sein de ses morceaux. Le groupe prend naissance en 1997 suite au split des groupes précédents des membres, qui se rejoignent au sein du projet, mené par Marco, guitariste. Le groupe signe chez Drakkar et sort Kill the sun regroupant leurs 4 titres démos (dont notamment "so you disappear", titre au potentiel sous-exploité)en 2003.
Le groupe enchaîne de nombreux concerts, avec notamment Subway to sally et ASP. Après une pause pour leurs projets personnels et une session studio hivernale, Ravenheart sort le 24 mai 2004. Après des concerts un peu partout pour leur tournée (dont la Corée du sud), Xandria revient avec un disque d'inspiration orientale, sous la forme d'India.





Certains groupes vont chercher l'inspiration loin, dans des contrées plus exotiques, Xandria fait parti de ceux là (avec Orange Blossom ou Dead Can Dance) et part avec India dans des régions plus orchestrales, à la suite de Christophe Colomb dans sa quête de quelque chose de différent, des savants mélanges de riffs accérés et d'instruments à cordes. "India" vibre sur toute la longueur de la gamme mineur mélodique, cordes aux taquets, guitares volubiles et surtout un chant proéminent qui donne toute sa teinte à Xandria, virages qui virevoltent, montées mélodiques, appuyées par des trilles de violons épicés, la grosse caisse trouve sa place dans les sous-bassements pour donner un dynamisme sans cesse renouvelé, la descente mélodique langoureuse et presque désinvolte avant le refrain est d'un délice absolu, d'un détachement intemporel, comme titre d'ouverture impossible de faire mieux.
Alors que certain ont du mal à réfreindre la surenchère orchestrale, comme le double album Lemuria et Sirius B de Therion, Xandria met à profit les moyens supplémentaires dont ils disposent pour leur troisième album de manière bigrement efficace, tout en restant accessible, les très pop "Now & forever" et "Who are we" étant là pour le prouver. "Fight Me" plombe délicieusement l'atmosphère, après un éthéré mais sombre "In love with the darkness", guitares lourdes, pauses inquiétantes, refrain vitriolisé, un soupçon de samples amène les broderies sonores dans une stase extatique difficile à quitter.
Xandria touche également des terres celtiques avec le très céleste et majestueux "Like a rose on the grave of love", dont le titre se suffit à lui même, odeurs de tourbe humide, égrainements acoustiques [un peu ombragé par certains passages où le niveau dépasse le seuil de saturation, notamment sur le chant de manière vraiment préjudiciable]. Loin d'avoir des idées de génie tout du long, comme sur "India", Xandria use de quelques clichés classiques sur "The end of every story" où l'orchestration reste un peu sage. Les contrastes de "Winterhearted" sont interessants et agréables, mais reste pâlichon aux côtés de"Return to India", chant original, sur cette note un peu mélancolique, cithare incrustée en filigrane, cordes criantes, India met en avant le potentiel de Xandria et surtout cette manière d'aborder ces idées musicales.

Extrait à écouter ici : India